ENFANCE...
MARIAGE
Les fruits des bonheurs présents plongent indéniablement leurs racines dans le riche terreau de l'enfance. Alors que j'oeuvre à l'épanouissement de nos deux jeunes pousses, je me penche sur le passé, j'en remonte la trame et comme George Perec, je me souviens.
* Je me souviens des soirs aux bonbons citron-orange et du vieux lit en bois sculpté, aussi haut et molletonné que celui de la princesse au petit pois. Dans le cercle intime et ambré de ma lampe de chevet à l'abat-jour imprimé de nuages, j'écoutais les histoires qui m'étaient contées tout en gardant un oeil sur les ombres déformées des objets familiers. Je n'étais alors qu'une petite graine de lectrice plantée dans des draps de coton.
* Je me souviens de mon chien Dania et de sa fidélité qui lui valut la vie.
* Je me souviens des doigts tâchés de mûres à l'automne.
* Je me souviens d'une framboise au bout de chaque doigt, de la colle sur la paume des paumes, très Amélie Poulain.
* Je me souviens des marches de notre escalier que j'imaginais être les banquettes d'un train. J'enrôlais peluches et poupées en guise de passagers. Un autre souvenir d'escalier me revient, plus lointain, plus confus. Tout impossible que cela puisse paraître aujourd'hui, je crois bien avoir l'avoir sauté de haut en bas, en un bond. Et puis il y avait ces rêves où je m'élevais jusqu'au plafond, je volais, des rêves qui frôlaient la réalité et qui me visitent encore parfois, trop rarement.
* Je me souviens de la chambre-placard de mon frère, son antre magique, pas de fenêtre mais un poster la représentant, un battant toujours ouvert sur la campagne. Allongés sur son lit, il me racontait toutes les aventures qui lui arrivaient dés lors qu'il franchissait cette fenêtre de papier et j'y croyais. J'y crois encore. Je me souviens que plus qu'à son tour il était celui qui se glissait près de moi le soir pour me raconter une histoire. Je me souviens que nous regardions les mêmes émissions et convoitions les même gourmandises. Je me souviens que nous avions imaginé un escalier secret par lequel s'échapper des petits coins: chacun d'un côté de la porte "Tu fais quoi?" "Je vais sortir par l'escalier secret. POUM POUM POUM (bruit de pieds frappant le sol). C'était drôlement excitant cette idée! Je me souviens de son peignoir grenat. Je me souviens du crêpage de cheveux qu'il avait infligé à ma poupée Tinnie, indémêlables après ça. Je me souviens de sa bande de copains. Je me souviens qu'il s'enfermait dans sa chambre pour écouter Renaud très fort. Je me souviens de ses mains et son esprit qui savent donner une nouvelle vie aux choses: moto, auto, immo. Je me souviens des légendes casse-cou à son sujet: petits doigts dans la prise ou debout dans la gouttière avec son balluchon.
* Je me souviens de vouloir faire des gâteaux toute seule au hasard des ingrédients et d'obliger ma famille (ou à défaut le chien) à les manger.
* Je me souviens de vouloir planter, faire pousser, de ne pas savoir
* Je me souviens de vouloir parler aux animaux, de ne pas trop y arriver.
* Je me souviens chanter à tue tête.
* Je me souviens des souliers vernis qui claquent et des robes à jupons qui tourbillonnent.
* Je me souviens comme c'est bien de choisir des bonbons à la boulangerie.
* Je me souviens de l'odeur de mon école maternelle.
* Je me souviens avoir changé d'école dés que quelque chose n'allait pas, de pas avoir eu trop d'amis à cette époque ou j'ai oublié.
* Je me souviens avoir eu mal au ventre rien qu'à l'idée d'y aller à l'école. Je ne me souviens pas pourquoi j'en ai fait mon métier.
* Je me souviens des techniques pour, coûte que coûte et sous la pression; tout avaler à la cantine ou faire comme si.
* Je me souviens avoir été cruelle.
* Je me souviens de la poésie du téléfilm scandinave "Dunderklunpen".Ce petit personnage animé solitaire franchissait les frontières et se retrouvait dans le monde d'êtres de chaire et de sang par une nuit de clarté, celle de la St Jean, pour voler les jouets d'un petit garçon qui devenaient eux aussi animés, tel que le touchant lion Pijapoix et le tendre Pataplouf.
* Je me souviens du rire cristallin d'Heidi, de son enchantement constant et de ses plaisirs simples au coeur de la montagne, de ses amis Pierre, Blanchette et Pilou.
* Je me souviens des chagrins répétés de Candy accompagnés par la triste complainte des violons lancinants.
* Je me souviens de la très coquine Georgie, du beau capitaine Flam, de Bouba, Maya, Rémi, Nils, Télémaque, sport Billy, des Fraggles et bien d'autres.
* Je me souviens d'avoir plus souvent regardé la télé que d'avoir partagé jeux et discussions en famille, mais je ne m'en plains pas, ça peuple aussi l'imaginaire.
* Je me souviens avoir toujours vécu dans des lieux habités par les chats, vieux chats, jeunes chats, roux, tigrés, gris-bleus, écrasés, disparus, réapparus.
* Je me souviens de ma soeur aînée. 1976, mon nom gravé sur sa table d'école. Je me souviens de son grand lit pour bondir ou se blottir, de la corne de brume et du petit piano. Je me souviens de deux amoureux qui s'en allaient chercher le lait, de la moustache du beau fiancé et des essayages de la robe de mariée. Je me souviens du goût noisette de nos promenades à trois dans les bois, de ma première tartine de beurre salé dans leur premier "chez eux", des sièges de leur quatrelle, des ressorts de mon lit de camp placé tout contre le leur et nos conversations et devinettes dans le noir avant de glisser dans le sommeil. Je me souviens d'eux et du Pulco citron, de l'heure sacrée de Santa Barbara, des robes René Derry dénichées pour moi, de mon premier canevas sous son guidage et de leur premier sapin. Je me souviens redouter leurs petits coins extérieurs à cause des araignées. Je me souviens de nos promenades sur la jetée de Calais, de toutes leurs petites attentions envers moi, de mon premier "Raconte moi des histoires" un soir de Noël. Je me souviens d'eux chantant la chanson du film J'ai rencontré le père Noël:
"Ne sois plus jamais triste
Pourquoi ?
Le Père Noël existe
Où ça ?
C'est à Rovaniemi
Au fin fond de Laponie... (et s'ils avaient ajouté: "et tu t'y rendras pour ton voyage de noces, y aurai-je cru?)
On dit qu'il se promène
Où ça ?
Au pays des grands rennes
Là-bas
Assis sur son traîneau
Bien au chaud dans son grand manteau...
Vite le temps me presse
Pourquoi ?
Car toutes les maîtresses
Comme toi
Vont l'aider chaque année
À préparer tous ses jouets..." et de m'avoir emmenée voir le film au cinéma
Je me souviens des framboises de leur jardin, des "Moufs-Moufs" de leur chienne Pénélope, de leur chaton Anatole caché dans ma chambre le soir de Noël jusqu'à l'heure des cadeaux, des jolis dessins que je demandais à son mari de faire pour moi; et des années plus tard, des samedis travaillés côté à côté et nos cigarettes secrètes. Je me souviens de mon premier parfum qui fut aussi le sien, des après-midis où on les attendait pour le café. Je me souviens avoir parfois manqué d'humour face au leur, décapant. Je me souviens d'une bonne table à chaque fête, toujours du chèvre sur le plateau. Je me souviens de leur amour des fleurs et leurs deux enfants perles. Un bébé de l'automne d'abord, dont je ne suis pas peu fière d'être la reine sa marraine. Je me souviens des soirs baby sitting et de sa prédilection pour la tartare / saucisson. Je me souviens de ses jours d'enfance calme et pleine de rêves, de sa passion télé et de ses créations aux Beaux Arts. Je me souviens des Titeufs bannis et de la peau "grillo" du poulet. Je me souviens des lectures partagées, les jeux vidéos et les indispensables lunettes à la piscine. Je me souviens de sa première guitare et de son succès plus tard. Je me souviens de sa petite soeur de Janvier, une petite poupée au caractère bien affirmé et au sommeil agité. Je me souviens de sa curiosité et de ses trésors d'inventivité et de créativité. Je me souviens de nos moments partagés: les sorties piscine, la chasse aux vers de terre, nos folles UNO potions, goûter l'ail des ours, cuisiner des lasagnes et manger des hot dogs. Je me souviens de Crottes et autres lectures partagées, de nos danses les jours de fête, de la gym et de la pâte à ballon. Je me souviens de nos petits bonshommes de neige, des cadeaux choisis pour eux avec plaisir. Je me souviens de deux enfants plein d'attentions, de vie, de créativité et de promesses encore à venir.
* Je me souviens des bains chauds brûlants du samedi soir qui lavaient tous les tracas de la semaine et de ma mère qui préparait des tournedos ces années de faste! C'était fête!
* Je me souviens de dimanches gris salis vomis.
* Je me souviens de jouer à Intervilles dans le jardin ces samedis soirs d'été alors que mon père préparait le barbecue.
* Je me souviens m'être assise devant le sapin de Noël, un vrai sapin de senteurs qui perd ses aiguilles en cascade sur le carrelage dans un petit bruit de bâton de pluie. Je me perdais dans les reflets des guirlandes lumineuses projetés sur les décorations. Je me souviens croire très fort au père Noël, de lui laisser un verre de vin et une carotte aussi, pour les rennes; d'avoir appris qu'en fait c'était ma mère qui goûtait le vin et mon père qui croquait la carotte.
* Je me souviens de la magie de Marie-Rose et de la vie en chansons.
* Je me souviens de mon frère aîné, bricoleur, inventeur et rêveur qui laissait toujours un petit tas dans son assiette. Je me souviens de son air studieux et concentré. Je me souviens du petit "nain-nain-nain" qu'il fredonnait quand il était plongé dans son univers: les circuits de voiture, le Vectrex, et puis il y eut la ronde des mobylettes, les mains cambouis, une chaîne ici, une roue là. Avec les années, c'est le coeur des voitures qui l'a passionné. Je me souviens avoir pu compter sur lui lors de faiblesses de carburateur.
* Je me souviens de la chaleur des bouillottes.
* Je me souviens du bonheur à être au lit légèrement grippée, entendre les bruits familiers de la maison dans le demi sommeil cotonneux de la fièvre et dans un coin de son esprit suivre sur l'emploi du temps les heures de cours auxquelles on échappe. Rester au lit dans la marge du temps.
* Je me souviens que quand on s'endort contre sa maman, sa voix et celle des autres résonnent comme dans une caverne.
* Je me souviens d'un vrai flipper dans notre garage et de mes adversaires imaginaires.
* Je me souviens de deux grands yeux de bébé qui nous réclament: une petite soeur. Je me souviens de ses terribles défis à l'aube de la vie. Je me souviens de ses endormissements difficiles et de la circonvolution du landeau sur le parquet du salon sur l'air de "Papa chanteur". Je me souviens de ce petit bout de nana qui me suivait dans mes passions et s'élançait sur mes chorégraphies: de "l'arbre lumière" à Dirty Dancing en passant par "C'est l'amour". Je me souviens d'un petit Fraggle toujours derrière la porte, deux couettes d'or, un cochon rose en guise de sceptre et un bras de bisounours entre les doigts de pied. Je me souviens de l'enfance prolongée à ses côtés, encore plus de dessins animés, plein de chocolat et de biscuits dans le placard! Je me souviens la voir devenir sirène puis fée clochette. De partages en voyages nos goûts s'affinent et se rejoignent souvent, malgré d'autres divergences.
* Je me souviens d'un petit surnom: Minette.
* Je me souviens avoir passé des heures enfermée dans la cabane au fond du jardin à lire, mais après de ne plus oser en franchir la porte à cause des araignées tapies dans les coins qui n'attendaient que de se jeter sur moi!
* Je me souviens avoir voulu écrire des histoires et me retrouver coincée, bien incapable d'en commencer une ligne.
* Je me souviens être allée à quatre pattes dans les placards de ma mère, bravant la menace arachnide, pour trouver un livre à me mettre sous la dent, d'en être réduite à lire des sélections qui ne sont que des condensés d'histoires.
* Je me souviens Mon premier Barjavel à 16 ans, "l'enchanteur" et la révélation. Je me souviens avoir lu toute son oeuvre oubliée depuis.
Mais je me souviens avoir parfois eu hâte de grandir.
... Je dévide la bobine à souvenirs et emportée par le fil je dépasse l'enfance ...
* Je me souviens d'une adolescence papillonne et de mes envies d'ailleurs.
* Je me souviens de l'appui paternel et enfin l'accord général pour le départ qui m'offrit le souvenir du parfum des nuits Californiennes où je vécut tout un an durant.
* Je me souviens d'un petit pendentif en forme de fer à cheval.
* Je me souviens avoir longtemps guetté le facteur.
* Je me souviens de ma première nuit d'Halloween.
* Je me souviens des planches amateurs qui faisaient la vie grande.
* Je me souviens que l'Amitié s'écrivait toujours avec une capitale de plus que l'amour. L'amour naissant, balbutiant, celui qui virevolte, qu'on veut épingler et qui fait quand même souffrir, tout léger qu'il fut, jusqu'à ce qu'arrive l'amour fusion.
* Je me souviens alors de nous, passion, potion, poison, patience.
* Je me souviens avoir jeté toutes mes lettres et gages d'amour adolescents il y a quinze ans pour laisser la place aux écrits de l'homme de ma vie.
* Je me souviens que ses lettres furent les plus belles mais que ses écrits se tarirent au bout d'un an, ses écrits mais pas son amour heureusement.
* Je me souviens que la trame de mes jours unit mes fils aux siens, que nous avons brodé notre passage de l'adolescence au jour présent côté à côté. Je me souviens qu'une grande part de celle que je suis aujourd'hui s'est nourri de lui et l'inverse aussi.
* Je me souviens de tous mes voyages et de ceux qu'il me reste encore à faire.
* Je me souviens de mes rêves.
* Je me souviens de beaucoup de gens qui m'ont sûrement oubliée.
* Je me souviens d'une chrysalide pour deux papillons.
* Je me souviens que la vie est riche en surprises.
Je veille, éveille, m'émerveille et me souviens que le bonheur se cueille aussi dans l'anodin quotidien.
Je me souviens, mais je ne suis pas certaine que ces souvenirs soient tout à fait fidèles à la réalité. Cette loupe posée sur le passé est un peu déformante. Cette loupe, c'est mon cœur tout en battements. Ces souvenirs, c'est mon aventure intérieure! Et je ne distingue plus trop ceux que j'ai vécu de ceux que j'ai tissé.
Je me souviens, mais après, qui se souviendra? Mes enfants? J'espère assurément qu'eux aussi se souviendront. Oh pas de la kyrielle ci dessus, mais d'une longue liste de petits plaisirs, les leurs, et de grandes émotions vécues au contact des autres, en se frottant à la vie. Des joies, mais des peines aussi, car parfois les fruits les plus doux ont des racines très amères. Tout est une question d'expérience. Ce qui compte ce n'est pas tant ce qui nous arrive mais ce que nous en faisons.
* Je me souviens des soirs aux bonbons citron-orange et du vieux lit en bois sculpté, aussi haut et molletonné que celui de la princesse au petit pois. Dans le cercle intime et ambré de ma lampe de chevet à l'abat-jour imprimé de nuages, j'écoutais les histoires qui m'étaient contées tout en gardant un oeil sur les ombres déformées des objets familiers. Je n'étais alors qu'une petite graine de lectrice plantée dans des draps de coton.
* Je me souviens de mon chien Dania et de sa fidélité qui lui valut la vie.
* Je me souviens des doigts tâchés de mûres à l'automne.
* Je me souviens d'une framboise au bout de chaque doigt, de la colle sur la paume des paumes, très Amélie Poulain.
* Je me souviens des marches de notre escalier que j'imaginais être les banquettes d'un train. J'enrôlais peluches et poupées en guise de passagers. Un autre souvenir d'escalier me revient, plus lointain, plus confus. Tout impossible que cela puisse paraître aujourd'hui, je crois bien avoir l'avoir sauté de haut en bas, en un bond. Et puis il y avait ces rêves où je m'élevais jusqu'au plafond, je volais, des rêves qui frôlaient la réalité et qui me visitent encore parfois, trop rarement.
* Je me souviens de la chambre-placard de mon frère, son antre magique, pas de fenêtre mais un poster la représentant, un battant toujours ouvert sur la campagne. Allongés sur son lit, il me racontait toutes les aventures qui lui arrivaient dés lors qu'il franchissait cette fenêtre de papier et j'y croyais. J'y crois encore. Je me souviens que plus qu'à son tour il était celui qui se glissait près de moi le soir pour me raconter une histoire. Je me souviens que nous regardions les mêmes émissions et convoitions les même gourmandises. Je me souviens que nous avions imaginé un escalier secret par lequel s'échapper des petits coins: chacun d'un côté de la porte "Tu fais quoi?" "Je vais sortir par l'escalier secret. POUM POUM POUM (bruit de pieds frappant le sol). C'était drôlement excitant cette idée! Je me souviens de son peignoir grenat. Je me souviens du crêpage de cheveux qu'il avait infligé à ma poupée Tinnie, indémêlables après ça. Je me souviens de sa bande de copains. Je me souviens qu'il s'enfermait dans sa chambre pour écouter Renaud très fort. Je me souviens de ses mains et son esprit qui savent donner une nouvelle vie aux choses: moto, auto, immo. Je me souviens des légendes casse-cou à son sujet: petits doigts dans la prise ou debout dans la gouttière avec son balluchon.
* Je me souviens de vouloir faire des gâteaux toute seule au hasard des ingrédients et d'obliger ma famille (ou à défaut le chien) à les manger.
* Je me souviens de vouloir planter, faire pousser, de ne pas savoir
* Je me souviens de vouloir parler aux animaux, de ne pas trop y arriver.
* Je me souviens chanter à tue tête.
* Je me souviens des souliers vernis qui claquent et des robes à jupons qui tourbillonnent.
* Je me souviens comme c'est bien de choisir des bonbons à la boulangerie.
* Je me souviens de l'odeur de mon école maternelle.
* Je me souviens avoir changé d'école dés que quelque chose n'allait pas, de pas avoir eu trop d'amis à cette époque ou j'ai oublié.
* Je me souviens avoir eu mal au ventre rien qu'à l'idée d'y aller à l'école. Je ne me souviens pas pourquoi j'en ai fait mon métier.
* Je me souviens des techniques pour, coûte que coûte et sous la pression; tout avaler à la cantine ou faire comme si.
* Je me souviens avoir été cruelle.
* Je me souviens de la poésie du téléfilm scandinave "Dunderklunpen".Ce petit personnage animé solitaire franchissait les frontières et se retrouvait dans le monde d'êtres de chaire et de sang par une nuit de clarté, celle de la St Jean, pour voler les jouets d'un petit garçon qui devenaient eux aussi animés, tel que le touchant lion Pijapoix et le tendre Pataplouf.
* Je me souviens du dessin animé "Le Lion et la Sorcière Blanche" qui, je l'ai découvert des années après, était une adaptation de "l'armoire magique" de C.S. Lewis, une armoire qui mène à un autre monde! J'en ai tâtés des fonds d'armoires pour y accéder, peut-être même y suis-je parvenue.
* Je me souviens de l'"Oz" de Disney dans lequel Dorothy retourne au pays magique avec sa poule Bellina et y rencontre Jack Potiron et TicToc. Revoir ce film bien des années plus tard a réveillé nombre d'échos en moi. Le moindre soupir m'était familier. C'était comme retrouver un vieil ami oublié et qu'on croyait perdu.* Je me souviens du rire cristallin d'Heidi, de son enchantement constant et de ses plaisirs simples au coeur de la montagne, de ses amis Pierre, Blanchette et Pilou.
* Je me souviens des chagrins répétés de Candy accompagnés par la triste complainte des violons lancinants.
* Je me souviens de la très coquine Georgie, du beau capitaine Flam, de Bouba, Maya, Rémi, Nils, Télémaque, sport Billy, des Fraggles et bien d'autres.
* Je me souviens d'avoir plus souvent regardé la télé que d'avoir partagé jeux et discussions en famille, mais je ne m'en plains pas, ça peuple aussi l'imaginaire.
* Je me souviens avoir toujours vécu dans des lieux habités par les chats, vieux chats, jeunes chats, roux, tigrés, gris-bleus, écrasés, disparus, réapparus.
* Je me souviens de ma soeur aînée. 1976, mon nom gravé sur sa table d'école. Je me souviens de son grand lit pour bondir ou se blottir, de la corne de brume et du petit piano. Je me souviens de deux amoureux qui s'en allaient chercher le lait, de la moustache du beau fiancé et des essayages de la robe de mariée. Je me souviens du goût noisette de nos promenades à trois dans les bois, de ma première tartine de beurre salé dans leur premier "chez eux", des sièges de leur quatrelle, des ressorts de mon lit de camp placé tout contre le leur et nos conversations et devinettes dans le noir avant de glisser dans le sommeil. Je me souviens d'eux et du Pulco citron, de l'heure sacrée de Santa Barbara, des robes René Derry dénichées pour moi, de mon premier canevas sous son guidage et de leur premier sapin. Je me souviens redouter leurs petits coins extérieurs à cause des araignées. Je me souviens de nos promenades sur la jetée de Calais, de toutes leurs petites attentions envers moi, de mon premier "Raconte moi des histoires" un soir de Noël. Je me souviens d'eux chantant la chanson du film J'ai rencontré le père Noël:
"Ne sois plus jamais triste
Pourquoi ?
Le Père Noël existe
Où ça ?
C'est à Rovaniemi
Au fin fond de Laponie... (et s'ils avaient ajouté: "et tu t'y rendras pour ton voyage de noces, y aurai-je cru?)
On dit qu'il se promène
Où ça ?
Au pays des grands rennes
Là-bas
Assis sur son traîneau
Bien au chaud dans son grand manteau...
Vite le temps me presse
Pourquoi ?
Car toutes les maîtresses
Comme toi
Vont l'aider chaque année
À préparer tous ses jouets..." et de m'avoir emmenée voir le film au cinéma
Je me souviens des framboises de leur jardin, des "Moufs-Moufs" de leur chienne Pénélope, de leur chaton Anatole caché dans ma chambre le soir de Noël jusqu'à l'heure des cadeaux, des jolis dessins que je demandais à son mari de faire pour moi; et des années plus tard, des samedis travaillés côté à côté et nos cigarettes secrètes. Je me souviens de mon premier parfum qui fut aussi le sien, des après-midis où on les attendait pour le café. Je me souviens avoir parfois manqué d'humour face au leur, décapant. Je me souviens d'une bonne table à chaque fête, toujours du chèvre sur le plateau. Je me souviens de leur amour des fleurs et leurs deux enfants perles. Un bébé de l'automne d'abord, dont je ne suis pas peu fière d'être la reine sa marraine. Je me souviens des soirs baby sitting et de sa prédilection pour la tartare / saucisson. Je me souviens de ses jours d'enfance calme et pleine de rêves, de sa passion télé et de ses créations aux Beaux Arts. Je me souviens des Titeufs bannis et de la peau "grillo" du poulet. Je me souviens des lectures partagées, les jeux vidéos et les indispensables lunettes à la piscine. Je me souviens de sa première guitare et de son succès plus tard. Je me souviens de sa petite soeur de Janvier, une petite poupée au caractère bien affirmé et au sommeil agité. Je me souviens de sa curiosité et de ses trésors d'inventivité et de créativité. Je me souviens de nos moments partagés: les sorties piscine, la chasse aux vers de terre, nos folles UNO potions, goûter l'ail des ours, cuisiner des lasagnes et manger des hot dogs. Je me souviens de Crottes et autres lectures partagées, de nos danses les jours de fête, de la gym et de la pâte à ballon. Je me souviens de nos petits bonshommes de neige, des cadeaux choisis pour eux avec plaisir. Je me souviens de deux enfants plein d'attentions, de vie, de créativité et de promesses encore à venir.
* Je me souviens des bains chauds brûlants du samedi soir qui lavaient tous les tracas de la semaine et de ma mère qui préparait des tournedos ces années de faste! C'était fête!
* Je me souviens de dimanches gris salis vomis.
* Je me souviens de jouer à Intervilles dans le jardin ces samedis soirs d'été alors que mon père préparait le barbecue.
* Sur le chemin des souvenirs paternels, je croise des samedis verts bûcherons, des dimanches brochettes, mille trajets vers l'école, d'abord assise à l'arrière et nos jeux pour faire oublier la destination, et plus tard, à l'avant, où la musique s'est partagée de bandes originales en comédies musicales, mais toujours la même angoisse au ventre au coin de la rue de l'école, de toutes les écoles où il m'a menée du Pas-de-Calais à Cambridge en passant par la Californie. J'ai en tête des images de lui sur les trajets des vacances, aspergé d'eau de Cologne pour se rafraîchir. Je me souviens de ses mille pas les vendredis midis, sa patience toujours, les comptes dominicaux et l'odeur de l'argent. Mon premier dimanche. Je me souviens, tout là haut, perchée, une cabane. Je me souviens de son odeur rassurante de savon et de dentifrice lorsque je me glissais dans le lit parental le soir avant que maman n'ait achevé toutes ses tâches et ne vienne se coucher. Je me souviens avoir souvent dessiné des petits visages sur la plante de ses pieds et les éclats de rire à le voir les animer. Je me souviens de la maison de poupée qu'il m'avait bricolée et tapissée. Je me souviens d'un Papa mots croisés. Papa foot. Papa négoce. Papa charmeur. Je me souviens lui avoir écrit un merci pour cette étincelle de curiosité qu'il m'a laissée et qui m'a fait avancer, son élan vers le monde et son sourire à la vie.
* Je me souviens bien sûr de ma maman évoquée précédemment. (p. 26)
* Je me souviens de vouloir acheter des dizaines de livres de poche avec l'argent de ma communion mais de pas être appuyée dans cette envie.* Je me souviens bien sûr de ma maman évoquée précédemment. (p. 26)
* Je me souviens m'être assise devant le sapin de Noël, un vrai sapin de senteurs qui perd ses aiguilles en cascade sur le carrelage dans un petit bruit de bâton de pluie. Je me perdais dans les reflets des guirlandes lumineuses projetés sur les décorations. Je me souviens croire très fort au père Noël, de lui laisser un verre de vin et une carotte aussi, pour les rennes; d'avoir appris qu'en fait c'était ma mère qui goûtait le vin et mon père qui croquait la carotte.
* Je me souviens de la magie de Marie-Rose et de la vie en chansons.
* Je me souviens de mon frère aîné, bricoleur, inventeur et rêveur qui laissait toujours un petit tas dans son assiette. Je me souviens de son air studieux et concentré. Je me souviens du petit "nain-nain-nain" qu'il fredonnait quand il était plongé dans son univers: les circuits de voiture, le Vectrex, et puis il y eut la ronde des mobylettes, les mains cambouis, une chaîne ici, une roue là. Avec les années, c'est le coeur des voitures qui l'a passionné. Je me souviens avoir pu compter sur lui lors de faiblesses de carburateur.
* Je me souviens de la chaleur des bouillottes.
* Je me souviens du bonheur à être au lit légèrement grippée, entendre les bruits familiers de la maison dans le demi sommeil cotonneux de la fièvre et dans un coin de son esprit suivre sur l'emploi du temps les heures de cours auxquelles on échappe. Rester au lit dans la marge du temps.
* Je me souviens que quand on s'endort contre sa maman, sa voix et celle des autres résonnent comme dans une caverne.
* Je me souviens d'un vrai flipper dans notre garage et de mes adversaires imaginaires.
* Je me souviens de deux grands yeux de bébé qui nous réclament: une petite soeur. Je me souviens de ses terribles défis à l'aube de la vie. Je me souviens de ses endormissements difficiles et de la circonvolution du landeau sur le parquet du salon sur l'air de "Papa chanteur". Je me souviens de ce petit bout de nana qui me suivait dans mes passions et s'élançait sur mes chorégraphies: de "l'arbre lumière" à Dirty Dancing en passant par "C'est l'amour". Je me souviens d'un petit Fraggle toujours derrière la porte, deux couettes d'or, un cochon rose en guise de sceptre et un bras de bisounours entre les doigts de pied. Je me souviens de l'enfance prolongée à ses côtés, encore plus de dessins animés, plein de chocolat et de biscuits dans le placard! Je me souviens la voir devenir sirène puis fée clochette. De partages en voyages nos goûts s'affinent et se rejoignent souvent, malgré d'autres divergences.
* Je me souviens d'un petit surnom: Minette.
* Je me souviens avoir passé des heures enfermée dans la cabane au fond du jardin à lire, mais après de ne plus oser en franchir la porte à cause des araignées tapies dans les coins qui n'attendaient que de se jeter sur moi!
* Je me souviens avoir voulu écrire des histoires et me retrouver coincée, bien incapable d'en commencer une ligne.
* Je me souviens être allée à quatre pattes dans les placards de ma mère, bravant la menace arachnide, pour trouver un livre à me mettre sous la dent, d'en être réduite à lire des sélections qui ne sont que des condensés d'histoires.
* Je me souviens Mon premier Barjavel à 16 ans, "l'enchanteur" et la révélation. Je me souviens avoir lu toute son oeuvre oubliée depuis.
* Je me souviens avoir aimé bien des livres, racontés, lus, empruntés, achetés, imposés, offerts.
* Je me souviens très bien que l'enfance est magique.Mais je me souviens avoir parfois eu hâte de grandir.
... Je dévide la bobine à souvenirs et emportée par le fil je dépasse l'enfance ...
* Je me souviens d'une adolescence papillonne et de mes envies d'ailleurs.
* Je me souviens de l'appui paternel et enfin l'accord général pour le départ qui m'offrit le souvenir du parfum des nuits Californiennes où je vécut tout un an durant.
* Je me souviens d'un petit pendentif en forme de fer à cheval.
* Je me souviens avoir longtemps guetté le facteur.
* Je me souviens de ma première nuit d'Halloween.
* Je me souviens des planches amateurs qui faisaient la vie grande.
* Je me souviens que l'Amitié s'écrivait toujours avec une capitale de plus que l'amour. L'amour naissant, balbutiant, celui qui virevolte, qu'on veut épingler et qui fait quand même souffrir, tout léger qu'il fut, jusqu'à ce qu'arrive l'amour fusion.
* Je me souviens alors de nous, passion, potion, poison, patience.
* Je me souviens avoir jeté toutes mes lettres et gages d'amour adolescents il y a quinze ans pour laisser la place aux écrits de l'homme de ma vie.
* Je me souviens que ses lettres furent les plus belles mais que ses écrits se tarirent au bout d'un an, ses écrits mais pas son amour heureusement.
* Je me souviens que la trame de mes jours unit mes fils aux siens, que nous avons brodé notre passage de l'adolescence au jour présent côté à côté. Je me souviens qu'une grande part de celle que je suis aujourd'hui s'est nourri de lui et l'inverse aussi.
* Je me souviens de tous mes voyages et de ceux qu'il me reste encore à faire.
* Je me souviens de mes rêves.
* Je me souviens de beaucoup de gens qui m'ont sûrement oubliée.
* Je me souviens d'une chrysalide pour deux papillons.
* Je me souviens que la vie est riche en surprises.
Je veille, éveille, m'émerveille et me souviens que le bonheur se cueille aussi dans l'anodin quotidien.
Je me souviens, mais je ne suis pas certaine que ces souvenirs soient tout à fait fidèles à la réalité. Cette loupe posée sur le passé est un peu déformante. Cette loupe, c'est mon cœur tout en battements. Ces souvenirs, c'est mon aventure intérieure! Et je ne distingue plus trop ceux que j'ai vécu de ceux que j'ai tissé.
Je me souviens, mais après, qui se souviendra? Mes enfants? J'espère assurément qu'eux aussi se souviendront. Oh pas de la kyrielle ci dessus, mais d'une longue liste de petits plaisirs, les leurs, et de grandes émotions vécues au contact des autres, en se frottant à la vie. Des joies, mais des peines aussi, car parfois les fruits les plus doux ont des racines très amères. Tout est une question d'expérience. Ce qui compte ce n'est pas tant ce qui nous arrive mais ce que nous en faisons.
MARIAGE
Avant notre mariage, il y eut onze années cheminées ensemble depuis le lycée, pendant la fac et puis jeunes diplômés plus ou moins paumés. Lorsque nous avons choisi d'offrir un autre tournant à notre vie à deux, nous avons décidé de commencer par se passer la bague au doigt. La bague au doigt, administrativement, pour les formalités qui nous attendaient afin d'emprunter ce nouveau chemin, ça allait aider. Nous n'idéalisions pas du tout l'acte du mariage. A vrai dire, l'idée de devoir se jurer fidélité et tutti quanti sous la sommation d'un "au nom de la loi" nous faisait à chaque fois doucement rire. Jusque là nous avions toujours eu du mal à nous projeter dans l'organisation d'une réception qui réunirait nos deux familles au sein de chacune desquelles certaines brouilles et embrouilles rendaient rien que l'idée d'un plan de table impossible. Finalement ce jour là, tout le monde a voilé les petits sentiments et étouffé les grandes haines, nous offrant ainsi une journée d'entente cordiale, voire joviale. La plan de table? Quel plan de table? Chacun s'est installé là où il voulait dans l'esprit très bonne franquette-estaminet que nous désirions créer.
C'est vrai qu'avant de choisir notre estaminet du nord, nous avions pour un temps envisagé de franchir le cap dans un ailleurs rien qu'à nous: en kilt quelque part en Écosse ou en fourrures dans un hôtel de glace (comme au Canada, ou en Suède). Et puis non, pour "officialiser" notre amour, il nous fallait être entourés par ceux là même qui l'avaient vu grandir et s'épanouir.
Après avoir goûté à l'ambiance d'un certain nombre d'estaminets Français et Belges, nous avons été séduits par celui de la Station bac Saint Maur, une ancienne gare devenue lieu de restauration dans le jardin duquel sommeille un wagon première classe des années 30 du P-L-M (Paris-Lyon-Marseille) à la marqueterie perlée de nacre et aux odeurs de sycomore et d'acajou. Dans le hall de gare devenue salle de restauration, les reliques ferroviaires nous parlaient voyages, retrouvailles et nouveaux départs. C'était pour nous un lieu tout indiqué.
Nous avions en tête quelque chose de simple mais original. Nous ne voulions pas créer trop d'attentes autour de ce jour qu'encore une fois nous n'avions jusque là pas vraiment idéalisé dans l'antichambre de nos imaginations. Nous allions donc nous marier un jeudi (à la date inversée de mon anniversaire) et dans trois mois. Maintenant que nous étions décidés pourquoi attendre? Et un jeudi parce que nous ne voulions pas donner à ce mariage les grands airs du samedi. Toutefois il s'avéra que de fil en aiguille, d'idée en inspiration, (et encore je ne connaissais pas ce genre de site: STYLE ME PRETTY: qui m'émerveille à chaque fois et me donner envie de renouveler mes vœux rien que pour la noce et ses préparatifs, avec cette fois un vrai photographe à la clé) le mariage dépassa un peu du cadre initialement fixé et un an n'aurait pas été de trop pour mettre en œuvre les envies qui soudain nous animaient. Mais ça nous ne le savions pas encore lorsque nous envoyâmes le message suivant à une petite soixante d'invités (une cinquantaine d'adultes et une dizaine d'enfants):
"Après un chemin de onze années parcouru ensemble, nous embarquons pour le reste du voyage en tant que mari et femme. C'est avec joie que nous vous invitons à marquer ce départ avec nous."
Pour illustrer le faire-part nous avions choisi une photo de nous par année traversée ensemble. En effet, depuis notre rencontre nous avions pris l'habitude de nous amuser régulièrement à tirer nos portraits dans les photomatons créant ainsi une longue frise de nos faces.Voilà d'ailleurs quatre ans que nous ne nous y sommes pas retournés, petite note à moi même pour y remédier. Je regrette les cabines où nous pouvions prendre jusqu'à quatre poses instantanées sans secondeschance. Aujourd'hui dans les photomatons on peut choisir sa pose au cheveu près et en quatre exemplaires identiques. L'uniformité standard aujourd'hui requise a un peu gâché le plaisir des "photomatons parties" de jadis.
Pour notre mariage, j'étais bien décidée à me charger de tous les préparatifs seule entre mes séances d'UV (Première et dernière fois. Je ne suis pas une adepte et l'idéal aurait été une semaine en bord de mer pour avoir une bonne mine et le tient doré, mais avec le peu de temps dont nous disposions et le tas de préparatifs à entreprendre, les UVs se trouvèrent être LA solution à ce moment là) et de cardio (et 5kg de perdus en quelques semaines, avec ma copine on était motivées. Ce furent de beaux moments d'effort. A la fin de la première semaine je ne pouvais littéralement plus marcher sans me crisper sous la douleur des courbatures. Et puis quand le temps est compté et les tâches multiples on n'a même plus le temps de manger. Les petites parenthèses sushis n'étaient pas négligées pour autant ) Mes nuits furent rarement plus courtes qu'à cette époque.
Il y eut l'album scrap dans lequel je voulais tirer le portrait de chaque invité et destiner à chacun un petit mot retraçant nos liens passés et notre bonheur à le compter parmi nous en ce jour de noces. Ce fut une longue affaire de triage, découpage, collage qui me réjouit au plus haut point, l'occasion de me perdre dans tous les albums photos accumulés au fil des ans. Pour chacun j'ai cherché à mettre en avant ce qui avait compté, ce qui faisait d'eux des personnes spéciales pour nous en ce jour de fête. Je me suis sentie privilégiée de pouvoir retracer tant de souvenirs qui me liaient à chacun d'eux En échange du message qui leur était adressé, nous leur demandions de glisser un petit mot, une trace de souvenir, un sourire dans l'enveloppe collée sur la page qui leur était dédiée . En cliquant ici vous trouverez un diaporama de cet album. Inspiration de dernière minute, j'ai scanné et imprimé chacun des montages afin de les assembler sur de grands panneaux que les invités pourraient découvrir à leur grès dans le hall de gare.
Il y eut aussi les fleurs qui m'occupèrent le veille du jour J. Par un heureux hasard, le fleuriste où je me suis approvisionnée offrait une réduction le mercredi! J'ai réalisé une vingtaine de compositions offertes à la fin de la fête aux invités puisque nous nous envolions dès le lendemain en voyage de noces et ça aurait été dommage de les laisser faner sans que personne en profite. La composition des bouquets m'a demandé beaucoup plus de temps que je ne l'avais imaginé et la station debout me mit le dos en compote, mais quel plaisir d'être plongée dans les fleurs de mon choix toute la journée en regardant des classiques de mon enfance. Je choisis de composer mon bouquet de mariée de roses, de frésias, de gypsophiles de feuilles séchées, de perles assorties à celles de mon colller et d'une longue tige d'une de mes plantes d'intérieures repiquée chez ma sœur ainée dont les feuilles forment des cœurs. Et puis bien sûr, un peu de lierre du parc qui ceignait notre nid. Le tout niché dans des découpes du tissu qui servit à faire ma robe.
La robe justement, seule, je ne le fus pas entièrement dans ces préparatifs car c'est vers ma mère aux doigts de fée que je me suis tournée lorsque j'ai voulu donner forme à la robe qui peu à peu avait pris forme dans l'armoire de mon imaginaire. Avec sa cousine, elle surent écouter mes envies et répondre à mes attentes. Je dénichai un petit bustier dans un magasin ordinaire de prêt à porter et imaginai une superposition d'organza et de satin pour le reste de la robe dans des tons perles et champagne, très loin de la sobre tunique marron que j'avais d'abord pensé porter. Dans le secret du jupon acheté d'occasion je cousis de jolis papillons de satin. Papillons prémonition? Pour le collier, J'en trouvai un parfait sur un site d'enchères et y ajoutais ma touche personnelle.
Je rajoutai aussi une touche personnelle aux chaussures achetées pour trois fois rien dans une grande enseigne? Des perles de mon collier. Je les voulais plates et confortables ces chaussures afin de ne pas avoir la journée gâchée par un mal de pieds, mais je ne les voulais pas ordinaires pour autant.
Les dragées je trouvais ça fort cliché, mais en les associant à un cd un peu spécial, l'idée ne m'a alors plus quittée. Sur ce cd nous avions sélectionné certains textes en version audio de La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules
de Delerm qui avait récemment illuminé mes lectures. FuturPapapillon avait composé quelques morceaux à la guitare pour accompagner les textes. La dernière piste était un morceau d'orgue de Barbarie en clin d'oeil à une des animations choisies pour la fête. Peu de personnes nous ont reparlé de ce cd. Cela ne nous a pas empêché de récidiver lors du faire part de naissance des petits papillons: berceuses et chansons douces pour une entrée dans la vie en musique. Là encore, peu de réactions. Idées loufoques qui ne plaisent qu'à moi :D
Question musique: * Je dénichai sur le net deux musiciens du dixieland group pour du jazz live dans le jardin de 18h30 à 20H00 le temps du vin d'honneur.
* Vers 21h00 un orgue de Barbarie animé par Anatole et Gisèle en surprendrait plus d'un.
* Pour le reste nous avions sélectionné des heures de musique coup de coeur beaucoup de jazzy, un peu de nostalgie et une pointe de loufoqueries, le tout dans l'ordi relié à la chaîne hifi du chef de gare.
Sur la photo ci dessus: tout le matériel à emporter à la salle, et cette drôle de bouteille qui contient l'hélium pour les ballons dont le gonflage sollicitera un bon coup de main apprécié aussi. (Rappelez vous les ballons sont à gonfler le jour même sinon gare à la "dégonfle" surtout s'il fait chaud.) D'autres amis acceptèrent de rendre le matériel pour nous qui avions prévu de prendre l'avion dès le lendemain de la fête.
Le tabou est France c'est souvent l'argent. Je peux vous dire qu'à peine embarqués dans "la vie active" sans un sou de côté, notre budget était serré. La générosité de nos proches a rendu possible les petites fantaisies de cette belle journée et le beau voyage qui a suivi. Le mariage et son voyage de noces coutèrent en tout dans les 5000 euros.
Nous quittons notre nid perché en haut de la grande demeure délabrée au milieu du parc, avec un peu de retard. Nous sommes attendus à 17h à la mairie.
à la mairie
A la mairie je tenais à ce que retentisse une musique d'Ennio Morricone (BO d'Il était une fois en Amérique) car je gardais le souvenir de mon père ému à chaque écoute et qui disait à chaque fois que sur cet air défilaient dans son imaginaire des images de mon mariage un jour prochain.
Nous fûmes conduits par mon père qui pour l'occasion avait sorti le grand jeu avec champagne dans la voiture et billet spécial jeunes mariés:
Mon père et le chef de gare
Au cours du vin d'honneur nous avons organisé un lâcher de ballon. Chaque ballon portait une petite étiquette avec nos coordonnées. Les vents favorables du destin les ont fait voyager à plus de 700 kms de là, jusqu'en Allemagne, pays symbolique d'où était originaire le grand-père du marié. A notre retour du voyage de noces nous avons reçu deux lettres d'Allemagne et une du Luxembourg. Les autres ballons ont disparu dans la nature, mea culpa, pas très écolo tout ça, mais nous n'en avons pas fait s'envoler plus que ce que vous voyez là.
Afin de divertir nos invités et de leur faire partager l'esprit du lieu, nous avons loué un certain nombre de jeux traditionnels à la Maison du Billard, un pâté de maison plus loin et à un tarif intéressant en milieu de semaine, concours de circonstances heureux avec notre choix un peu loufoque des noces du jeudi.
*** jeux de palets, pétanque, table à élastique, billard Nicolas, jeux de la grenouille, d'équilibre, bowling en bois etc...***
Pour chaque enfant avait été préparé une pochette surprise nominative truffée de petits cadeaux pour faire la fête, ainsi qu'une petite bouteille pour faire des bulles, un moulin à vent multicolore et un ballon lesté de bonbons à emporter. Certains en parlent encore. Je voulais que la fête soit magique pour tous.
Le repas fut simple: buffet froid. Le plateau de fromage particulièrement soigné et la bière du pays.
Un train entra en gare en guise de gâteau.
Gisèle et Anatole arrivèrent vers 21h00 et firent chanter l'assemblée.
Le marié y alla aussi de son tour de manivelle.
Et le père de la mariée donna de la voix.
La table d'honneur regroupait quelques compositions florales, des bougies, notre album souvenirs, l'urne locomotive prêtée par le chef de gare et quelques cadeaux. Pour la décorer j'avais eu recours à la meilleure adresse de Belgique, Floralux, celle des petits prix et des grands effets. Une soeur du marié y avait ajouté des objets souvenir de son passé accompagné d'un album fort touchant.
Nous eûmes d'autres belles surprises: ma soeur cadette nous lisant ses compliments émouvants, ma nièce offrant un album souvenir, un tableau loufoque d'une invitée absente, l'histoire amusante et touchante de sushi girl et brochette man, un petit show clin d'oeil:
De jolies cartes, certaines assez prémonitoires:
Pas de chichi pour la nourriture, nous fîmes bonne franquette. En guise de menu j'affichaisles réjouissances en tout genre plutôt que des noms de mets compliqués. En plus des divertissements évoqués plus haut, nous proposions à nos proches de devenir portraitistes, photographes (avec des appareils photos jetables mis à leur disposition) ou lecteurs. J'avais en effet mis à disposition toute une malle de livres qu'ils pouvaient choisir et emporter afin de leur faire découvrir le Bookcrossing, une passion que je voulais ainsi partager. Pour l'occasion j'avais crée des marques pages où étaient recopiées des citations relatives au thème du voyage puisque nous nous retrouvions tous dans le hall d'une gare.
Une fois tous réunis, la journée passa en un éclair pour nous. Envie d'être partout à la fois, de profiter de tout, de tous, de nous. Avec le recul, à bien y repenser, il y a 4 choses que je regrette: * Ne pas avoir pu compter parmi nous ce jour là les proches disparus et les invités empêchés (notamment mon amie d'enfance et Debi) * Ne pas avoir engagé de photographe. * Ne pas avoir chanté "la vie en rose" au moment où Monsieur Pap tournait la manivelle. * Ne pas avoir fixé à l'avance une heure plus tardive pour rendre la salle parce qu'à 2h sonnées nous n'avions pas envie de nous quitter et le chef de gare n'a pas été très flexible là dessus sur le moment. Bah, avec des si.... les souvenirs de ce jour de noces me comblent bien largement sans sans ces "si" là.
Après la fête, nous avons passé la nuit dans le wagon première classe marqueté de bois précieux, collés serrés fatigués sur une banquette simple. Le lendemain la table du petit déjeuner était dressée dans le wagon restaurant. Un délice, je n'avais en fait eu que le temps de picorer le jour des noces, le temps est passé si vite, tout retenait mon attention en même temps, une valse enivrante que ce jour de noces. Après avoir restitué les jeux traditionnels à la boutique d'à côté, nous sommes allés chercher nos valises et laisser les dernières recommandations aux cat-sitters pour nous envoler jusqu'en Finlande. Le monde entier nous faisait de l'oeil quand nous avons songé à ce voyage de noces, l'Islande particulièrement, mais définitivement hors budget, l'Irlande aussi, l'Ecosse encore, mais c'est à la Finlande que nous n'avons pas pu résister. Chaleur, farniente et sable fin, très peu pour nous, nous avions envie de grands espaces, de découvertes et d'air pur. Dès notre arrivée à Helsinki ce soir là, nous avons pris le train de nuit pour Rovaniemi. De là bas nous redescendrions jusqu'à la capitale en passant par l'est du pays dans notre voiture de location. Le guide du routard tracerait avec nous le chemin, nous y allions au hasard des envies. Chaque nuit nous nous trouvions un petit chalet en bois avec sauna de 26 à 50 euros la nuit, sans l'électricité parfois, mais toujours avec son lac. Les troupeaux de rennes nous saluaient depuis le bord des routes. Le voyage fut enchanteur et les moustiques plutôt cléments en dépit de la légende.
Le voyage commençait à peine et il commençait bien.
"Mariage: c'est une jolie idée que celle de vouloir faire le voyage à deux!" Sacha Guitry
"Une gare est le plus bel endroit pour des retrouvailles, parce que c'est normalement le lieu des séparations. En se retrouvant dans une gare, on a l'impression de conjurer le mauvais sort." Dalniel Poliquin
Prêtez-moi, Ô Orient-Express, Sud-Brenner-Bahn, prêtez-moi
Vos miraculeux bruits sourds et
Vos vibrantes voix de chanterelle;
Prêtez-moi la respiration légère et facile
Des locomotives hautes et minces, aux mouvements
Si aisés, les locomotives des rapides,
Précédant sans efforts quatre wagons jaunes à lettres d'or.
Ah! Il faut que ces bruits et que ce mouvement
Entrent dans mes poèmes." Valéry Larbaud
"Tout est musique: un tableau, un livre, un voyage ne valent que si l'on entend leur musique." Bourbon-Busset
"Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même.
On ouvre les atlas, on rêve sur les cartes. On répète les noms magnifiques des villes inconnues..." Joseph Kessel
"On ne fait pas un voyage. Le voyage nous fait et nous défait. Il nous invente." David Le Breton
"Voyager ajoute à la vie." Proverbe Berbère
"Le vrai voyageur ne sait pas où il va." Proverbe Chinois
"Le plus beau voyage, c'est celui qu'on n'a pas encore fait." Loïck Peyron
"Et il n'est rien de plus beau que l'instant qui précède le voyage,
l'instant où l'horizon de demain vient nous rendre visite
et nous dire ses promesses." Milan Kundera
"Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais d'avoir de nouveaux yeux." Marcel Proust
"Le monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page." Saint Augustn
"'J'ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot." Honoré de Balzac
"L'enfance est un voyage oublié." Jean Mallard
"Une gare au petit matin,
Deux amours se tiennent la main.
Ils sont tristes ou ils sont heureux.
On n'en sait rien, mais ils sont deux.
La vie c'est ça, tu le sais bien :
Un train s'en va, un autre vient.
On prend toujours un train pour quelque part,
Un grand train bleu, un grand train blanc, un grand train noir.
On prend toujours un train pour quelque part.
Au bout du quai flottent des mains et des mouchoirs.
Toi et moi, nous irons très loin.
On s'aimera tant et si bien
Que le monde entier n'en saura
Ni le comment ni le pourquoi.
Un jour, les derniers jours viendront.
Nous prendrons le dernier wagon.
On prend toujours un train pour quelque part,
Un grand train bleu, un grand train blanc, un grand train noir.
On prend toujours un train pour quelque part.
Au bout du quai flottent des mains, des au revoir." Gilbert Becaud
Vos miraculeux bruits sourds et
Vos vibrantes voix de chanterelle;
Prêtez-moi la respiration légère et facile
Des locomotives hautes et minces, aux mouvements
Si aisés, les locomotives des rapides,
Précédant sans efforts quatre wagons jaunes à lettres d'or.
Ah! Il faut que ces bruits et que ce mouvement
Entrent dans mes poèmes." Valéry Larbaud
"Tout est musique: un tableau, un livre, un voyage ne valent que si l'on entend leur musique." Bourbon-Busset
"Les grands voyages ont ceci de merveilleux que leur enchantement commence avant le départ même.
On ouvre les atlas, on rêve sur les cartes. On répète les noms magnifiques des villes inconnues..." Joseph Kessel
"On ne fait pas un voyage. Le voyage nous fait et nous défait. Il nous invente." David Le Breton
"Voyager ajoute à la vie." Proverbe Berbère
"Le vrai voyageur ne sait pas où il va." Proverbe Chinois
"Le plus beau voyage, c'est celui qu'on n'a pas encore fait." Loïck Peyron
"Et il n'est rien de plus beau que l'instant qui précède le voyage,
l'instant où l'horizon de demain vient nous rendre visite
et nous dire ses promesses." Milan Kundera
"Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais d'avoir de nouveaux yeux." Marcel Proust
"Le monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas n'en lisent qu'une page." Saint Augustn
"'J'ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot." Honoré de Balzac
"L'enfance est un voyage oublié." Jean Mallard
"Une gare au petit matin,
Deux amours se tiennent la main.
Ils sont tristes ou ils sont heureux.
On n'en sait rien, mais ils sont deux.
La vie c'est ça, tu le sais bien :
Un train s'en va, un autre vient.
On prend toujours un train pour quelque part,
Un grand train bleu, un grand train blanc, un grand train noir.
On prend toujours un train pour quelque part.
Au bout du quai flottent des mains et des mouchoirs.
Toi et moi, nous irons très loin.
On s'aimera tant et si bien
Que le monde entier n'en saura
Ni le comment ni le pourquoi.
Un jour, les derniers jours viendront.
Nous prendrons le dernier wagon.
On prend toujours un train pour quelque part,
Un grand train bleu, un grand train blanc, un grand train noir.
On prend toujours un train pour quelque part.
Au bout du quai flottent des mains, des au revoir." Gilbert Becaud
"Les proverbes ressemblent à des papillons, on en attrape quelques-uns, les autres s'envolent." W. Wander
Bonus: ALBUM SCRAP INVITES

























































































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