mercredi 29 janvier 2014

Mecredi pluie

Après une matinée d'école et le déjeuner, petite promenade de santé sous la pluie.
Nous sommes suivis, mais de loin parce qu'on a ce chien remuant en laisse et ces dômes rouges extraordinaires au dessus de nos têtes.


Ses anciens maitres nous avaient bien dit qu'il aimait à emprunter les petits chemins de randonnée avec eux, mais aujourd'hui il ne nous a suivi que jusqu'au bout de la rue.


And.... action!
Même pas peur.
Kawabonga!



"On est des explorateurs!!!!"




Le petit bois est juste en contrebas de la maison, que l'on aperçoit plus haut.






"Je ramener mon bâton à la maison, tu vas voir!"



Jack a vu un petit rougeur de l'autre côté. Aboiements. Mais l'autre rive est plus haute, difficile de sauter.




Notre château incendié des bois.

"Et tu vas faire quoi de ce bâton?" "Je vais le mettre dans le jardin et l'orage va venir, la foudre va aller sur la bâton et le casser en deux." "Ok."

Nous sommes revenus trempés, il fallait se changer. C'était l'occasion de se changer en princesse pour Lynn. "On se maquille et on danse, maman?"




La technique de Lynn, comme Jack grogne quand on le caresse de la main, elle le caresse avec le pied et il adore ça.

Les livres ont pris place au sein de leurs étagères, même s'ils ont encore besoin d'y être organisés. Dormant en leurs cartons, ils manquaient à nos murs. Je me sens mieux rien qu'à leur vue, bien que l'envie et le besoin d'un poêle à bois ronronnant se fait de plus en plus pressant.

la trame de ces derniers jours.


 
Après des craintes xylophages infondées, c'est le tour des rongeurs, loirs, souris? Il faut dire que notre chatte ayant confiné ses quartiers craintifs au premier, il a fallu lui servir les croquettes sur le palier et c'est près de sa gamelle que j'ai trouvé deux petites déjections de souris, du moins je le pense. Deux indices indésirables. Il y avait aussi les plaintes des enfants le soir ou les réveils de Lynn la nuit, suivis d'insomnies. "J'entends un bruit, ça fait du bruit là! J'ai peur! Y a des monstres!!!!" "Mais c'est juste Misty ou la maison qui craque. C'est comme ça les vieilles maisons. C'est normal. Dors!" Jusqu'à ce qu'un soir, au salon, direct sous leur chambre, nous entendions l'irréfutable bruit de rongeurs entre leur plancher et notre plafond. Ce n'est pas tant que j'ai peur des souris, c'est plutôt les dégâts que ces dernières peuvent causer qui m'inquiètent et les nuits blanches et petites terreurs enfantines qu'elles engendraient. Terreurs dont je me souviens très bien et qui habitée longtemps lorsque nous avons emménagé dans une fermette vers mes 8-9 ans. J'ai étudié la question, grimacé à l'idée d'empoisonner, de coller, d'écrabouiller à la tapette, et puis j'ai opté pour deux pièges à ressorts, appâtés aux petits lardons. Après avoir hésité, ça pouvait être à double tranchant, j'ai expliqué aux enfants la nature de la provenance de ces bruits la nuit. Lynn était ravie "Oh des petites souris mignonnes. Je veux les voir et leur dire qu'elles sont dans ma maison pour pas avoir froid l'hiver etc..." La nuit où j'ai posé les pièges j'ai rêvé de souris à aller libérer en forêt. Mais aux matins qui suivirent, rien ni personne. Les bruits avaient disparus aussi, mais par prudence, méfiance, nous sommes allés jusqu'à la grande ville samedi dernier  pour acheter de ces appareils à ultra ondes qui les rebutent. Et puis c'était l'occasion d'aller au grand M, "tu sais, là où il y a toujours des hamburgers et des jeux," le MacDonald's réclamé depuis des semaines par Maxime.

Tigger, lui, chat des granges et des petits bois, a passé ses premières nuits dans notre lit alors que ses anciens propriétaires l'interdisaient de maison la nuit. Comme feu Vladimir, sa nature oscille entre un désir farouche de liberté aux griffes acérées, et que je te chope si tu me caresses alors que je n'en ai pas envie et des pulsions de câlins fusionnels en mode flashback chaton papoutes et tututtes. Je dois le freiner dans ses excès car sa salive est urticante au contact de ma peau.

Jack le craint et le respecte après s'être pris quelques baffes et crachats.

Misty elle, n'aime pas trop le voir autant en ses quartiers. Elle lui balance des insultes qui viennent des tripes accompagnées de regards assassins. L'autre soir, contre toute attente, après avoir passé plus d'un mois hésitant et craintif en nos murs, elle s'est précipitée dans le jardin alors que j'ouvrais au chien, éclair blanc dans la nuit noire sans espoir de retour en dépit de mes appels répétés à intervalles réguliers.. Son absence a duré 24H et j'imaginais déjà qu'elle nous faisait un scénario à la Elsa (qui n'a jamais accepté l'arrivée de Nanou en notre foyer et a fini par partir pour ne jamais revenir.) Hier soir cependant, à peine audible, une réponse à mes appels. Elle venait de la maison voisine, une ruine abandonnée. Je me suis équipée de ma lampe frontale, manteau et bottes et je suis partie à sa recherche. Dans le faisceau de ma lampe se dessina la silhouette d'un siamois à poils ras qui se sauva fissa dans la ruine suivie de près par le panache blanc d'une chatte amoureuse. Pas questions que je m'avance d'avantage dans cette maison inquiétante. Je les ai donc laissés à leur ébats. Elle est rentrée peu de temps après, la faim surement, et la voilà repartie ce matin. De tous les chats de grange, après avoir repoussé Tigger, trop "crocodile Dundee" pour elle, elle se trouve un siamois. Peut être qu'au printemps nous aurons de mignons petits chatons comme le souhaitaient de tout leur coeur les enfants. Ce sera la première et la dernière fois, stérilisation au tournant.

Et il n'en finit plus de pleuvoir, depuis notre installation il y a un mois et une semaine. Le soleil a percé parfois, mais c'est la pluie qui s'impose surtout. Nous avons bon espoir d'avoir notre cheminée réparée par l'ancien propriétaire d'ici la mi février, mais en attendant, même entre nos différents radiateurs électriques, l'humidité s'installe, la peinture caille, les murs se gorgent, les bois s'abîment. Nous n'avions pas anticipé cela. Le comble a été cette facture qui est arrivée cette semaine pour le ramonage cheminée qui a permis de diagnostiquer le danger que représentait notre conduit. Un ramonage qui n'a aboutit à rien donc, enfin, à une alerte mais pas au feu de bois tant anticipé, avec un premier rendez vous sans personne qui se présente, un second rendez vous avec du retard, beaucoup de blabla, une plaque cassée et non remplacée, le tout pour une facture de 175 euros alors qu'un simple ramonage, certificat compris coûte moitié moins cher.

La pluie pose d'autres problèmes, au potager notamment, où je suis inquiète pour la survie de nos 44 pieds de vigne. Voici ce que j'ai lu sur la toile: "Peu gourmande, la vigne se plait dans un sol sec, voir caillouteux, qui garde la chaleur en été. La vigne déteste l’eau stagnante à ses pieds. C’est pourquoi elle est souvent plantée en pente pour permettre à l’eau de s’évacuer rapidement." Or, il se trouve que, si nous avons bien compris les propos de l'ancien propriétaire, l'évacuation des eaux de pluie récoltées par nos gouttières sont acheminées souterrainement jusqu'au potager. Une excellente initiative pour la belle saison, mais un désastre en hiver. Le rectangle en bout de jardin, notre potager en devenir  donc, celui qui était le sien, ressemble actuellement à une rizière et j'ai bien peur que nos vignes dont c'est le premier hiver ne reprennent pas au printemps. J'ai donc passé 3 heures dimanche dernier, bottes, imper et couvre chef pour me garder de la pluie incessante, à creuser des rigoles pour espérer drainer une partie de cette eau stagnante. L'avantage c'est que les mauvaises herbes sont vraiment très faciles à arracher, mais pour le reste, je m'enlise...

Des avis? des conseils?











pied de vigne en danger


Pendant ce temps là à l'école, Max a la nostalgie des adultes de l'ancienne structure mais semble bien s'adapter, même si les difficultés de jadis ressurgissent et ont vite été repérées par la maîtresse. C'est plus difficile pour Lynn qui a été bien accueillie la première semaine puis rejeté par le petit cercle de copine qui s'est vite refermé. Elle qui faisait la pluie et le beau temps dans son ancienne école ("elle c'est ma copine, elle c'est plus ma copine, elle je vais l'inviter mais pas elle" et l'inverse le lendemain") a du mal à vivre cette solitude des cours de récré. "Je crois qu'elles ne veulent pas être mes copines parce qu'elles n'aiment pas mes cheveux" "Elles disent que je suis moche et que je suis un bébé." "J. elle a dit que c'est moche des bottes abimées comme les miennes. Je veux plus les mettre. Demain je mets mes souliers vernis, Ok?" Sauf que le lendemain, c'était matin frais et grêle annoncée. J'y ai beaucoup réfléchi la veille, sondant mes amis connectés sur facebook. Les conseils étaient variés: trouver les parents, inviter le petit groupe pour tisser les liens, en reparler à la maitresse (déjà sensibilisée à la solitude de Lynn la semaine dernière), armer Lynn de répartis. Une vidéo partagée par une amie a apporté un autre éclairage à la question: 


Pour en avoir souvent changé d'école et avoir souffert ici et là à plusieurs reprises mais pas toujours, de la solitude, du jugement, de la pression dans la cours de récréation, je me sens très sensibilisé à la peine de Lynn. Je pense que cette psychologue offre des pistes intéressantes. Comment forcer l'amitié de toute façon? Armer ses enfants oui, les rendre forts et pleins de répartis. Le problème c'est de savoir le faire à même pas 6 ans, sans se précipiter vers l'escalade.  Je comprends ce qui est dit là et adhère à la majeur partie du message mais deux choses me font tiquer, la première c'est cette petite de 6 ans à qui elle dit de dire "tu sais les grands ils me disent que quand un garçon embête une fille c'est qu'en fait il l'aime bien" au gamin du même âge qui est "sur son dos" parce que je lisais récemment un statut FB qui disait "arrêtez de dire à vos filles que les garçons qui les embêtent les aiment bien dans le fond si vous ne voulez pas qu'elle finisse dans une relation abusive" Et puis aussi, cette conviction (que je peux comprendre) que la situation sera toujours la même même si l'enfant change d'école, l'expérience montre parfois le contraire comme me le racontait une amie l'autre jour.
Le lendemain donc, j'ai expliqué que les bottes devaient être mises, qu'elles étaient abimées (elles l'étaient dès le lendemain de l'achat car Lynn s'est servie de ses pieds pour freiner. Les bottes ont été achetées le mois dernier) mais qu'elles serviraient encore et gardaient les pieds au chaud. Je lui ai parlé d'être forte, sans être méchante et on a répété la phrase "Quand on n'a rien de gentil à dire, on se tait. Je n'ai pas envie de t'écouter." au cas où. Elle est revenue très souriante. "Tout le monde a dit que ma robe était belle. Tout le monde. Mais ça a pas marché ta phrase." "On t'a dit quelque chose sur tes bottes?" "non" et puis elle a vu un élève de sa classe qui montait dans la voiture à côté de la nôtre et ils se sont mis à l'interpeler "Hey C. C.!!!!" comme s'ils ne s'étaient pas vus depuis 1 mois, comme ils faisaient avec les copains de l'autre école et l'autre faisait de grands signes aussi et elle a oublié ce dont on parlait. C'est bon signe ces grands signes d'une voiture à l'autre, ça veut dire que ça "connect."

Ils semblent s'habituer à la cantine aussi. A lire le menu, on remarque tout de suite que dans cette nouvelle école, finis les repas livrés en barquettes, c'est de la popote familiale. Exemples de ce mois ci: boeuf carottes, poisson sauce homardine, pot au feu, salade et gésiers confits, blanquette de veau, potage potiron / châtaignes, salade d'endives aux pommes et gruyère, toasts au bleu, boeuf bourguignon etc...

Nous avons aussi commencé un nouveau rituel, celui de nous rendre à la petite bibliothèque adjacente le jeudi après l'école. Le choix de livres pour enfants est plutôt large et la dame qui l'a en charge m'a même proposé de me prêter quelques livres à elle dans ma quête de conseils jardinage.  

3ème vendredi aquakids, le grand moment de leur semaine! Ils adorent et gagnent vraiment en confiance et autonomie.